5. Conséquences de la révolution dans le secteur de l’élevage pour le commerce mondial et les prix des produits alimentairesUne importante caractéristique émergente des marchés mondiaux de la viande, du lait et des aliments du bétail est qu’ils sont de plus en plus interdépendants. Le modèle IMPACT tient implicitement compte de cette caractéristique avec sa condition d’équilibre annuel des marchés qui permet aux prix de fluctuer jusqu’à ce que l’offre et la demande s’équilibrent. Les marchés intérieurs sont équilibrés dans le modèle par des itérations en aval et en amont entre les séries de prix intérieurs et mondiaux. Les prix mondiaux diffèrent des prix intérieurs par des écarts fixes spécifiés pour chaque groupe de pays et qui rendent compte de l’effet d’éventuelles politiques protectionnistes ou des principaux coûts de transport en direction des marchés éloignés. Les prix intérieurs au niveau d’équilibre peuvent être toujours supérieurs ou inférieurs aux prix mondiaux de la viande et des aliments du bétail selon le groupe de pays considéré, mais dans le modèle, ils sont toujours influencés par les prix mondiaux. L’interdépendance des mouvements de prix donne une meilleure approximation de la réalité que des marchés indépendants. Dans le modèle IMPACT, les fluctuations de la demande des produits d’origine animale en Asie par exemple, influencent les prix desdits produits et des aliments du bétail partout ailleurs. Aucune partie du monde ne sera indifférente ni aux événements en Asie ou en Inde ni aux variations de l’efficacité de l’utilisation des aliments du bétail. Les flux commerciaux sont modélisés dans le modèle IMPACT comme la différence annuelle nette entre la production et la consommation aux prix mondiaux d’équilibre du marché pour chaque groupe de pays et chaque produit, ce qui conduit toujours à des exportations ou des importations (c’est-à-dire des exportations négatives) nettes pour le produit et le groupe de pays considérés pour l’année en question. Le modèle ne détermine pas les partenaires commerciaux, mais la somme des exportations mondiales nettes d’un produit donné est nulle pour chaque année au niveau d’équilibre. Projections du commerce des denrées vivrières d’origine animale et des aliments du bétail jusqu’en 2020Les exportations nettes de produits spécifiques par région en 1993 et 2020 sont présentées au tableau 24. Le volume du commerce mondial de la viande de bœuf était minimum au début des années 90. Au total, les exportations nettes des pays développés vers ceux en développement se chiffraient à 0,4 million de tonnes. Les exportations de l’Asie de l’Ouest et de l’Afrique du Nord ont été les plus importantes et celles de l’Amérique latine représentaient 18% des exportations mondiales nettes de viande de bœuf. Les importations nettes de porc des pays développés à partir du monde en développement se chiffraient à 0,7 million de tonnes au début des années 90 et provenaient principalement de la Chine. Leurs exportations nettes se composaient de 0,5 million de tonnes de volailles, presque 19 millions de tonnes de lait et un peu plus de 93 millions de tonnes de céréales.Tableau 24–Exportations nettes (en millions de tonnes) de divers produits animaux et de céréales en 1993 et 2020 dans le cadre du scénario de base
Notes: Le commerce net d’un produit pour 2020 est la différence entre la production et la consommation projetées dudit produit dans une région donnée. Les chiffres présentés sont des moyennes mobiles de trois ans centrées sur les deux années indiquées et, pour la viande, se rapportent au poids de la carcasse. Le lait comprend le lait et les produits laitiers de vache et de bufflesse en équivalents lait liquide. Les céréales comprennent le blé, le maïs, le riz, l’orge, le sorgho, le seigle et l’avoine. La somme totale des exportations peut être différente de zéro parce que certains chiffres ont été arrondis. Les signes négatifs indiquent les importations. D’après les projections, la viande de bœuf deviendra le plus important poste d’importations de viande des pays en développement en 2020 avec 2,7 millions de tonnes. Ces pays demeureront des exportateurs nets de porc mais seulement de façon marginale. Les importations de volailles augmenteront pour atteindre 1,8 million de tonnes et les exportations nettes de lait des pays développés doubleront pratiquement. Les céréales demeureront les exportations agricoles nettes les plus importantes des pays développés vers ceux en développement. Par rapport à 1993, les exportations nettes du monde développé vers les pays en développement augmenteront de 133 millions de tonnes, soit l’équivalent d’environ 60% de la récolte totale de maïs des Etats-Unis au début des années 90 (FAO 1998).
Evolution des exportations nettes dans le cadre de diverses hypothèses relatives à l’AsieLa situation du commerce des produits animaux et des aliments du bétail change de manière significative dans l’hypothèse d’une crise asiatique aiguë et d’une forte consommation de viande en Inde (tableau 25). Les hypothèses extrêmes de crise asiatique changent peu la consommation totale des produits animaux, mais modifient en profondeur les flux probables des céréales utilisées pour l’alimentation du bétail. De fait, ces changements sont le résultat le plus significatif de l’hypothèse d’une crise asiatique aiguë, notamment parce que, en chiffres absolus, les quantités d’aliments du bétail échangées dans le cadre des projections de base sont déjà élevés. Le commerce du bétail dans le cadre de ce scénario était relativement modeste, ce qu’il ne faudrait pas perdre de vue dans l’interprétation des fortes variations de taux enregistrées dans la plupart des cas. Tableau 25Différences (en %) entre les projections de base et celles des hypothèses de la crise asiatique et de la consommation de viande en Inde en 2020
L’hypothèse de la forte consommation de viande en Inde incorpore un changement des goûts en faveur de la consommation de produits alimentaires d’origine animale et des augmentations de la production et des taux d’utilisation des aliments du bétail dans ce pays. Les élasticités-revenu des denrées animales augmentent pour atteindre 1,5 à 2,0 selon le produit. Les taux d’accroissement de la population animale en Inde augmentent de 0,3 à 0,7% (selon le type d’animal) et les taux de conversion des aliments sont supérieurs aux niveaux habituels des pays en développement. Le mouton comprend la viande et les produits consommés du mouton et de la chèvre. Le lait comprend le lait et tous les produits laitiers en équivalents lait liquide. Sur le plan géographique, le scénario de la crise asiatique aiguë se traduit par une chute drastique des exportations nettes10 de produits alimentaires d’origine animale de l’Amérique latine et de l’Afrique subsaharienne. Les importations nettes de céréales utilisées pour l’alimentation du bétail en Asie diminuent aussi de manière substantielle, une baisse qui peut atteindre 27% en Chine. Les importations nettes de ce type de céréales de l’ensemble des pays en développement reculent de 4%. Les exportations nettes de viande de la Chine augmentent de 3,4 millions de tonnes et celles de lait de 0,3 million de tonnes.
Dans l’hypothèse d’une crise asiatique aiguë, l’Asie moins la Chine et l’Inde, qui était dans le scénario de base importatrice nette de viande en 2020, devient exportatrice nette de 3,2 millions de tonnes et voit ses importations nettes de lait diminuer de 5,3 millions de tonnes. La crise asiatique a pour conséquence de diminuer la demande intérieure et d’accroître la compétitivité de ces régions sur les marchés mondiaux. L’Inde demeure un acteur mineur dans le commerce des produits animaux en 2020, que l’on considère le scénario de base ou celui de la crise asiatique aiguë. Les pays non asiatiques tendent à augmenter leurs importations de produits animaux en raison de la baisse des prix mondiaux. Dans l’hypothèse d’une consommation élevée de viande (et de lait) en Inde, ce pays devient en 2020 un grand importateur mondial de viande, de lait et de céréales utilisées pour l’alimentation du bétail, un changement notable compte tenu de son rôle de partenaire commercial mineur dans le cadre des projections de base (tableau 25). Les autres régions du monde augmentent leurs exportations nettes de viande et de lait bien que la Chine et l’Amérique latine augmentent leurs importations de céréales utilisées pour l’alimentation du bétail en réponse aux opportunités accrues d’exportation de viande et de lait. Les très importantes variations des taux relatifs à l’Inde sont dues aux très faibles niveaux des projections du commerce dans le scénario de base. Les exportations nettes de 77.000 tonnes d’équivalents lait liquide en 2020 dans le cadre de ce scénario deviennent des importations nettes de 42,6 millions de tonnes dans le scénario de la consommation élevée de viande dans ce pays. Le système mondial demeure suffisamment flexible pour s’adapter sans dysfonctionnements majeurs de la consommation à la situation qui résulterait d’une hypothèse aussi peu réaliste. Evolution des exportations nettes avec les hypothèses sur l’efficacité de l’utilisation des alimentsLe chapitre précédent a évalué la sensibilité des résultats du scénario de base aux hypothèses de l’efficacité de la conversion des aliments et conclu que les caractéristiques de la consommation des produits animaux changent peu mais que les quantités de céréales utilisées dans l’alimentation du bétail augmentent ou diminuent selon que cette efficacité diminue ou augmente. Les résultats sont différents en ce qui concerne le commerce, comme le montre la grande variation géographique des projections commerciales dans le scénario de base (tableau 26).Tableau 26Différences (en%) entre les exportations nettes dans le scénario de base et celles des hypothèses d’efficacité de la conversion des aliments en 2020
L’hypothèse de la diminution de l’efficacité de la conversion des aliments suppose une baisse de l’efficacité de la conversion du maïs en viande. Cela entraîne une accélération du rythme d’accroissement des taux de conversion dans les régions où ces derniers augmentent et un ralentissement du rythme de réduction des taux de conversion dans les régions où ces derniers diminuent. Le mouton comprend la viande de mouton et de chèvre. Le lait comprend tous les produits laitiers en équivalents lait liquide. L’application d’un taux identique d’accroissement de l’efficacité de la conversion des aliments à tous les pays en développement conduit à des résultats différents selon les pays, y compris, en ce qui concerne les exportations nettes de bœuf, une hausse de 25% en Inde et une baisse de 9% en Chine. Les variations de prix qui résultent de la baisse de l’efficacité de la conversion entraînent, en ce qui concerne les céréales utilisées dans l’alimentation du bétail, une hausse d’une part des exportations nettes des pays développés, de l’Inde et de l’Afrique subsaharienne et d’autre part des importations nettes de la Chine et de l’Amérique latine. Les fortes variations des taux du commerce observées dans certains cas sont dues à ses faibles parts dans la production et la consommation totales dans le scénario de base. Tendances historiques des prix mondiaux réels des produits végétaux et animaux et projections jusqu’en 2020 selon différents scénariosToute discussion relative à l’utilisation des céréales pour l’alimentation du bétail doit être placée dans le contexte de la baisse régulière qui, depuis 25 ans, caractérise les rendements de la production de viande bovine à partir de ces denrées. Depuis le début des années 70, les prix mondiaux réels des produits agricoles n’ont cessé de diminuer par rapport à ceux des produits manufacturés (tableau 27). Les producteurs du secteur de l’élevage en ont manifestement souffert ces dernières années. En 1994–96, les prix du bœuf ne s’établissaient qu’à 34% de leurs niveaux de 1970–72 corrigés de l’inflation contre 54% pour ceux du maïs au cours de la même période. Tableau 27Tendances historiques des prix réels (en dollars constants de 1990/tonne) de produits végétaux et animaux et d’aliments du bétail
Notes: Blé d’hiver américain de première qualité, dur roux, à protéines ordinaires, prix à l’exportation livré dans les ports du Golfe en 30 jours. Riz thaïlandais à 5% de brisure, récépissé entreposage, prix indicatif usiné d’enquête, normes gouvernementales, prix f.o.b. Bangkok. Maïs américains de deuxième qualité, jaune, prix f.o.b. aux ports du Golfe. Sojas américains valeur c.a.f. Rotterdam. Farines de soja d’origines diverses: Argentine 45–46% d’extraction; valeur c.a.f. Rotterdam, avant 1990; Etats-Unis 44%. Farines de poisson d’origines diverses, 64–65%, valeur c.a.f. Hambourg, n.f.s. Viande de bœuf : Australie/Nouvelle Zélande, quartiers avant, congelée sans os, 85% de maigre, valeur c.a.f. ports américains (côte est), sortie entrepôt. Porc de la communauté européenne, prix de gros abattoir. Volailles: poulet de chair, prix composite de gros de 12 villes, livré prêt à la cuisson. Agneau: Nouvelle Zélande, carcasses entières congelées, prix de gros, marché de Smithfield, Londres. Lait américain entier vendu aux usines et aux commerçants, Département US de l’agriculture. n.d. indique que les prix ne sont pas disponibles. Qui plus est, l’augmentation de 10% des quantités de céréales utilisées pour l’alimentation du bétail enregistrée dans le monde entre le début des années 80 et le début des années 90 (tableau 15) a coïncidé avec une époque où les prix du maïs et du soja avaient baissé de plus d’un tiers. Cela tend à conforter l’argument selon lequel les augmentations des quantités de concentrés utilisés pour l’alimentation du bétail n’entraînent que de faibles accroissements réels des prix. On a testé cet argument avec le modèle IMPACT, lequel permet d’obtenir les prix mondiaux des marchés au niveau d’équilibre (tableau 28). Pour comparaison, on trouvera au bas du tableau 27 les projections de prix basées sur des systèmes à une seule équation publiées par la Banque mondiale jusqu’en 2010. Tableau 28Prix réels (en dollars constants de 1990/tonne) de certains produits végétaux et animaux selon les projections du modèle IMPA
Notes: Ces scénarios sont indépendants les uns des autres. Les projections de base des prix du modèle IMPACT pour 1992–94 sont pleinement comparables aux séries de prix réels rapportées au tableau 27. Par rapport à ces projections, celles du modèle IMPACT sont plus élevées de 38% et de 3,5% respectivement pour le maïs et le bœuf dans le scénario de base. Contrairement à la méthode à une seule équation, l’approche du modèle IMPACT, basée sur l’offre et la demande mondiales des produits alimentaires, rend compte de l’effet de la révolution dans le secteur de l’élevage sur les prix des céréales. Même ainsi, le modèle IMPACT prévoit qu’en 2010, les prix mondiaux réels du maïs ne seront que de quelque 10% supérieurs aux prix réels de 1994–96 qui étaient historiquement bas. Par conséquent, la révolution dans le secteur de l’élevage empêche les prix des céréales obtenus dans le scénario de base de tomber encore en deçà de leurs niveaux déjà bas, et peut-être les augmente légèrement, mais dans tous les cas, leur permet de rester loin de leurs niveaux du début des années 80. L’hypothèse de la crise asiatique aiguë se traduit en 2020 par une baisse des prix mondiaux réels de 7% et de 5% respectivement pour le maïs et le bœuf. Ce sont là des effets significatifs mais ce scénario repose sur des hypothèses extrêmes dans la mesure où celles-ci postulent que la crise dure jusqu’en 2020. Le scénario de la consommation élevée de viande en Inde entraîne une augmentation de 13 et de 9% des prix mondiaux respectivement du maïs et du bœuf. L’hypothèse des changements de goût en Inde a même des effets plus importants sur les marchés mondiaux des produits animaux que celle d’une crise économique asiatique aiguë, mais dans la direction opposée. L’accroissement de l’efficacité de la conversion des aliments diminue les prix mondiaux réels du maïs en 2020 de 17% par rapport au scénario de base. La baisse de cette efficacité augmente au contraire ces prix de 21%. Les prix des produits animaux changent à peine. L’efficacité de la conversion des aliments constitue donc un enjeu important pour les producteurs comme pour les consommateurs de céréales. Il en est de même pour les producteurs du secteur de l’élevage, même si les technologies sont partagées par tous les producteurs, car l’efficacité de la conversion en favorise certains lorsqu’elle augmente et d’autres lorsque au contraire elle diminue. Curieusement, il n’y a pas d’enjeu majeur pour les consommateurs des produits animaux, au moins en ce qui concerne les prix de ces denrées. Pourquoi la révolution dans le secteur de l’élevage ne risque pas d’augmenter les prix mondiaux des céréales de manière significative ?Au vu des projections de prix du modèle IMPACT selon divers scénarios et des taux historiques de baisse des prix réels des produits alimentaires au cours du dernier quart de siècle, il apparaît que ces prix diminueront probablement beaucoup moins vite au cours du prochain quart de siècle que par le passé. Il s’agit là sans aucun doute d’une conséquence de la révolution dans le secteur de l’élevage. Toutefois, les prix réels des céréales ne devraient pas augmenter de manière substantielle d’ici 2020 contrairement aux craintes exprimées par certains et rapportées au chapitre 1. La première explication des projections du modèle IMPACT selon lesquelles les prix des céréales demeureront faibles même si la demande de denrées vivrières et d’aliments du bétail augmente est que le monde possède vraisemblablement une importante réserve de capacité de production céréalière. Cette hypothèse s’accorde, non seulement avec les faits constatés au cours des 25 dernières années, où la production mondiale s’est adaptée aux changements de prix, mais également avec le fait que des douzaines de paramètres de réponse aux variations de prix des céréales (pour 37 pays et régions et une demi-douzaine de cultures), obtenues pour la plupart de sources indépendantes, ont été intégrées au modèle (Rosegrant, Agcaoili-Sombilla et Perez 1995; Pinstrup-Andersen, Pandya-Lorch et Rosegrant 1997). L’explication couramment avancée dans la bibliographie empirique pour expliquer la grande faculté d’adaptation de l’offre de céréales est qu’en réponse aux changements de prix, les grands pays exportateurs de céréales comme l’Australie, le Canada et les Etats-Unis ont la capacité d’introduire des céréales sur de vastes étendues de terres destinées normalement à d’autres cultures. Qui plus est, la production céréalière, telle qu’elle est pratiquée dans ces pays, utilise généralement moins d’intrants que dans de nombreux pays importateurs. Par exemple, les rendements moyens de blé en Grande Bretagne sont beaucoup plus élevés qu’aux Etats-Unis. Cela donne aux pays exportateurs une grande marge de manœuvre pour augmenter leur production grâce à l’utilisation accrue d’engrais, ce qui devient profitable lorsque les prix des céréales sont élevés. Les très fortes hausses de la productivité des cultures céréalières enregistrées au cours des dernières années témoignent aussi de l’effet stimulateur des prix. Ces accroissements constituent pour l’essentiel une réponse aux hausses des prix des céréales qui ont rendu plus rentable l’investissement dans ce secteur (Hayami et Ruttan 1985). Une autre explication de la grande capacité d’adaptation de l’offre de céréales est que dans un système de marché mondial, où les acteurs répondent aux changements des mesures d’incitation par les prix, les chocs individuels sont absorbés avec le temps par une myriade d’ajustements à travers le système. En d’autres termes, la demande mondiale répondra plus vite aux variations de prix que la demande individuelle de chaque pays, un phénomène bien reflété dans le modèle IMPACT. Enfin, un autre phénomène directement pertinent est que dans les régions abritant des proportions significatives de pauvres, l’accroissement de la consommation de calories d’origine animale s’accompagne d’une baisse équivalente de celle de calories provenant des aliments amylacés de base. Par exemple, en 1991, la consommation humaine directe de céréales avoisinait 200kg par personne dans les campagnes chinoises contre 130kg en moyenne dans les zones urbaines plus riches du pays, chiffre beaucoup plus proche des niveaux de consommation observés dans les autres régions du monde en développement (Huang et Bouis 1996). Le riz et le blé sont les céréales les plus communément consommées dans ce pays et leurs rendements moyens à l’hectare sont significativement inférieurs à ceux du maïs, lequel est de plus en plus cultivé comme aliment du bétail par le paysan. Par conséquent, la substitution des céréales par la viande et le lait dans l’alimentation entraîne une baisse des quantités utilisées pour la consommation humaine directe et l’accroissement de l’offre totale qui en résulte est amplifié par les rendements relativement plus élevés des cultures de céréales destinées à l’alimentation du bétail. Tout cela montre à quel point la révolution dans le secteur de l’élevage est intimement liée à la sécurité nutritionnelle et alimentaire des populations, sujet examiné dans le chapitre suivant. IFPRI holds the copyright to its publications and web pages but encourages duplication of these materials for noncommercial purposes. Proper citation is required. |
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